Ordinateur portable affichant des statistiques, illustration de l'investissement long terme

Day trading ou investissement long terme : ce que dit la recherche sur la performance des particuliers actifs

Au-delà des statistiques réglementaires sur les CFD, une autre question mérite d’être posée : les particuliers qui achètent et revendent fréquemment des actions ordinaires, sans effet de levier, font-ils mieux ou moins bien que ceux qui investissent et conservent ?

Les travaux fondateurs de Barber et Odean

La recherche académique en finance comportementale a largement tranché cette question depuis le début des années 2000, avec les travaux de Brad Barber et Terrance Odean, portant sur des dizaines de milliers de comptes de courtage américains. Leur conclusion, résumée dans le titre de l’un de leurs articles les plus cités, « Trading Is Hazardous to Your Wealth » : les ménages qui négocient le plus obtiennent en moyenne des rendements nets significativement inférieurs à ceux qui négocient le moins, principalement à cause des coûts de transaction répétés et d’un biais de surconfiance qui pousse à négocier plus que ce que la performance justifie.

Les day traders spécifiquement : des résultats encore plus nets

Des travaux ultérieurs des mêmes chercheurs, menés notamment à partir de données taïwanaises couvrant l’ensemble des day traders d’un marché national sur plusieurs années (« The Cross-Section of Speculator Skill »), montrent qu’une large majorité des day traders individuels perdent de l’argent sur la durée, et que la persistance dans la pratique après des pertes répétées est un comportement courant plutôt qu’une exception. Une minorité de traders très actifs affiche des résultats positifs et récurrents, mais ce sous-groupe reste statistiquement marginal.

Ce qui explique l’écart

Trois mécanismes reviennent systématiquement dans cette littérature : les coûts de transaction, qui s’accumulent avec la fréquence des opérations ; le biais de surconfiance, qui pousse à sous-estimer l’incertitude et à négocier davantage qu’un calcul rationnel ne le justifierait ; et le biais de disposition, qui consiste à vendre trop tôt les positions gagnantes et à conserver trop longtemps les positions perdantes.

La gestion passive comme point de comparaison

Ce constat rejoint un thème que nous avons déjà documenté : la difficulté, y compris pour les professionnels, de battre durablement un indice large après frais — voir nos articles sur l’ETF et la gestion indicielle. Ce n’est pas un hasard si la littérature académique et les données de marché convergent vers la même conclusion : la fréquence des opérations est plus souvent corrélée à une sous-performance qu’à une surperformance.

Ce que cela signifie, sans dogmatisme

Ces résultats sont des moyennes statistiques sur de larges populations, pas une prédiction individuelle. Ils indiquent un rapport de probabilités, pas une impossibilité. Ils invitent surtout à mesurer honnêtement ses propres coûts de transaction et sa propre fréquence de négociation avant de les attribuer à de la compétence.

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Information générale. Ce contenu ne constitue ni un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée. Les résultats de recherche académique cités portent sur des données historiques et ne préjugent pas des performances futures.