Le vocabulaire de l’épargne mélange trois langues : celle du droit fiscal, celle de la comptabilité et celle du commerce. Les trois emploient les mêmes mots pour désigner des choses différentes, et c’est la première cause d’incompréhension entre un épargnant et son interlocuteur.
Ce lexique définit les termes qui reviennent dans nos articles. Il retient la définition la plus opérationnelle possible : ce que le mot change concrètement, plutôt que sa formulation réglementaire. Les chiffres correspondants figurent sur notre page Repères chiffrés de l’épargne.
Fiscalité
Prélèvement forfaitaire unique (PFU) — Imposition à taux fixe des revenus du capital, par opposition au barème progressif. Il additionne 12,8 % d’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux. Depuis 2026, il a deux taux : 31,4 % et 30,0 %, selon le produit. Voir notre article sur la hausse de la flat tax.
Prélèvements sociaux — Somme de la CSG, de la CRDS et du prélèvement de solidarité. Ils frappent les revenus du capital indépendamment de l’impôt sur le revenu, et ne bénéficient d’aucun abattement.
Taux marginal d’imposition — Le taux appliqué au dernier euro de revenu. C’est lui qui mesure l’économie procurée par une déduction, jamais le taux moyen.
Abattement — Somme retranchée de l’assiette imposable avant application du taux. À ne pas confondre avec une réduction d’impôt, qui vient en diminution de l’impôt lui-même.
Assiette — La base sur laquelle un taux est appliqué. Une grande partie des malentendus fiscaux vient de ce que deux interlocuteurs parlent du même taux sur deux assiettes différentes.
Fait générateur — L’événement qui déclenche l’imposition : un rachat, une cession, une distribution. La date du fait générateur détermine le régime applicable, pas la date d’ouverture du produit.
Option pour le barème (case 2OP) — Choix global, portant sur l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers du foyer, d’être imposé au barème progressif plutôt qu’au PFU. Il ouvre la déductibilité partielle de la CSG.
Enveloppes
Enveloppe fiscale — Contenant juridique dans lequel on loge des placements, et qui détermine leur régime d’imposition : assurance-vie, PEA, PER, compte-titres. L’enveloppe et le support qu’elle contient sont deux décisions distinctes.
Assurance-vie — Contrat auprès d’un assureur, dont l’antériorité fiscale se compte depuis l’ouverture, et non depuis chaque versement.
Fonds en euros — Support à capital garanti par l’assureur, avec effet de cliquet : les intérêts acquis le sont définitivement.
Unité de compte — Support sans garantie en capital. L’assureur garantit le nombre de parts, pas leur valeur.
PEA — Plan d’épargne en actions, réservé aux titres européens, avec exonération d’impôt sur le revenu des gains après cinq ans. Les prélèvements sociaux restent dus. Voir plafonds, fiscalité et frais du PEA.
PER — Plan d’épargne retraite. Déduction à l’entrée, imposition à la sortie, indisponibilité jusqu’à la retraite sauf cas de déblocage.
Compte-titres ordinaire — Enveloppe sans avantage fiscal ni restriction géographique. Chaque cession est un fait générateur.
Supports et marchés
ETF — Fonds indiciel coté, qui réplique un indice au lieu de chercher à le battre.
Gestion active / gestion passive — La première sélectionne les titres et vise à surperformer un indice, la seconde le reproduit. L’écart de frais entre les deux est structurel.
Valeur liquidative — Prix d’une part de fonds, calculé à partir de la valeur des actifs détenus. Un ETF en publie une, tout en cotant en continu à un prix qui peut s’en écarter légèrement.
Capitalisant / distribuant — Un fonds capitalisant réinvestit les dividendes, un fonds distribuant les verse. Le choix a des conséquences fiscales sur un compte-titres, aucune dans une enveloppe.
Erreur de suivi — Écart entre la performance d’un fonds indiciel et celle de son indice.
Volatilité — Amplitude des variations d’un actif. Elle mesure l’agitation, pas la probabilité de perte définitive : ce sont deux notions différentes que le vocabulaire commercial confond volontiers.
SCPI — Société civile de placement immobilier. Elle collecte l’épargne de particuliers, achète des immeubles, les loue et redistribue les loyers nets.
Taux d’occupation financier — Part des loyers effectivement facturés par une SCPI rapportée à ce que rapporterait un patrimoine intégralement loué. Meilleur indicateur de santé qu’un taux de distribution.
Frais
Frais d’entrée — Prélevés une fois sur chaque versement. Ils réduisent le capital effectivement investi.
Frais de gestion — Prélevés annuellement sur l’encours, par l’assureur ou le teneur de compte.
Frais courants — Prélevés à l’intérieur du fonds, déjà déduits de la performance affichée. Ils n’apparaissent sur aucun relevé.
Frais d’arbitrage — Facturés lors d’un changement de support à l’intérieur d’un contrat.
Document d’informations clés — Document réglementaire de quelques pages, obligatoire avant souscription, qui présente le risque, les frais et les scénarios de performance d’un produit.
Crédit
Taux nominal — Rémunération du prêt d’argent seul.
TAEG — Taux annuel effectif global : taux nominal, frais de dossier, garantie, assurance et courtage réunis. Seul indicateur comparable entre deux offres.
Taux d’usure — TAEG maximal légal au-delà duquel un prêt ne peut être accordé. Ce n’est pas un objectif de négociation.
Indemnité de remboursement anticipé — Somme due en cas de solde avant terme, plafonnée à six mois d’intérêts sur le capital remboursé, sans excéder 3 % du capital restant dû.
Modulation — Faculté contractuelle d’augmenter ou de réduire ses mensualités dans une fourchette prévue au contrat, en général une fois par an.
Caution / hypothèque — Les deux formes de garantie d’un prêt immobilier. La caution donne lieu à une restitution partielle en fin de prêt, l’hypothèque à des frais de mainlevée en cas de revente anticipée.
Immobilier locatif
Rendement brut / net / net de fiscalité — Trois calculs différents sur le même bien, dont les résultats vont couramment du simple au tiers.
Déficit foncier — Excédent des charges sur les loyers en location nue au régime réel, imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an.
Amortissement — Constatation comptable de la dépréciation d’un bien, déductible en location meublée au régime réel. Réintégré au calcul de la plus-value depuis février 2025.
Flux de trésorerie — Ce que l’opération coûte ou rapporte chaque mois, une fois le crédit et les impôts payés. Distinct du rendement, et tout aussi décisif.
Ce lexique est mis à jour au fil de nos publications. Les définitions données visent la clarté d’usage et ne se substituent pas aux définitions légales.
